Rue d'Orléans

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Rue d'Orléans. Le Déley (ELD 224) voyagé 1918. Coll. YRG et AmR 44Z1312
Même perspective, un siècle sépare les deux prises de vues mais peu de changements majeurs sont notés (@Google Streetview, novembre 2016)

La rue d'Orléans est une voie de Rennes axée nord-sud joignant la place de la Mairie au quai Lamartine. Elle reçut cette dénomination en 1726, non par référence à la ville éponyme, mais en l'honneur de Louis, duc d'Orléans, fils du Régent et petit-neveu de Louis XV. Avant l'incendie de 1720 elle portait le nom de rue Neuve. Elle avait été ouverte en 1605 et conduisait au Pont Neuf pour établir une communication avec la basse ville.

L'hôtel Continental, à l'angle de la rue d'Orléans et du quai Lamartine (Guide Conty Bretagne Ouest de 1893 )

Elle avait été appelée brièvement rue Simonneau pendant la Révolution, du nom d'un tanneur, maire d'Étampes, tué pendant une émeute due à la cherté des grains, et rue d'Austerlitz sous le Ier Empire[1].

À l'angle ouest avec le quai Lamartine se trouve un bel immeuble qui avait été gravement endommagé par la destruction des ponts à la libération de Rennes en août 1944, et incendié, le 3 septembre 2007, par un feu mis au rez-de-chaussée, qui causa trois victimes.

Louis d'Orléans, par Coypel (de Wikimedia Commons)






Louis Ier d’Orléans, duc d'Orléans

(4 août 1703, Versailles - 4 février 1752, Paris)

Successivement titré duc de Chartres, puis duc d'Orléans, duc de Valois, duc de Nemours et duc de Montpensier, il fut titré premier prince du sang après la mort d'Henri Jules de Bourbon-Condé (1709).

Petit-fils de Louis XIV, il est fils de Philippe duc d'Orléans et de Mademoiselle de Blois, fille légitimée de France que Louis XIV eut de sa maîtresse, la marquise de Montespan. Louis d'Orléans fut élevé un peu par sa mère et par sa grand-mère, la fameuse princesse Palatine, et surtout par son précepteur, l'abbé Mongault. En septembre 1715, à la mort de Louis XIV, son père fut proclamé régent du royaume pour Louis XV âgé de 5 ans. À 15 ans, Louis fut admis au Conseil de Régence et à celui de la Guerre. Il n'hésita pas à s'opposer à certaines décisions de son père et à son principal ministre le cardinal Dubois. À cette époque-là, il entretenait une comédienne. En 1719, nommé gouverneur du Dauphiné, il ne résida pas dans la province mais s'acquitta de sa tâche avec application. En 1720, il fut nommé grand-maître de l'Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, et chercha à lui rendre son lustre passé. En 1721, il devint colonel général de l'infanterie.


Faits divers

Incendie d'une maison à l'angle avec la rue de Volvire

En 1752, une contestation s'élève à l'occasion d'un incendie ayant endommagé les greniers de la maison habitée par le Sieur Jean François Cailleau, contrôleur des guerres et négociant, à l'angle de la rue de Volvire. Par sa sentence du 15 novembre, le présidial décide une descente sur les lieux permettant à des experts de décrire pas à pas le degré de destruction et de calcination des greniers. On apprend à cette occasion que ces greniers abritaient uniquement, soit des fagots, soit de la paille, celle-ci servant à des emballages. Le Sieur Burot, propriétaire d'un des greniers, conteste le fait que l'incendie aurait commencé dans ce grenier, et par conséquent reporte la responsabilité sur le Sieur Cailleau. La conclusion des experts reposant sur le sens du vent, point qu'il met en doute, il lui est demandé de satisfaire aux points suivants, instructifs au demeurant.


« primo, s'il n'est pas vray que pendant l'incendie il fût mis des draps de lit mouillés sur la maison située avis la maison dud. Sieur Cailleau qui forme l'encoignure des rues d'Orleans et de Volvire pour empecher que le feu qui y tombait n'y eût fait des progrès ; secundo, s'il n'est pas vray qu'il fût mis de pareils draps de lit sur les maisons qui regnent le long de lad. rue de Volvire, enfin s'il n'a pas connaissance que M. le duc Chaulne, commandant, fit donner ses ordres à cet egard dans lesd. maisons... »

— Archives du présidial de Rennes
Origine : Cote 2B 473 - Archives d'Ille-et-Vilainelicence

Plusieurs témoins sont entendus, à la demande de chacune des parties. Plusieurs s'attardent sur la position du feu tel qu'ils ont vu à son début depuis la place d'Armes. Ils s'accordent surtout sur la responsabilité du fils cadet du Sieur Burlot, jouant avec son frère avec des pétards, peut-être dans la galerie longeant les greniers. Certains précisent que cet événement avait été anticipé vu le comportement des enfants. Les extraits suivants donnent la dimension humaine de l'affaire, particulièrement les aspects de peur et de répression des coupables :


« "... les enfants étaient à se divertir avec des petards..." ... "... un des enfans du Sr. Burot etait venu vers elle [la servante entrain de faire le lit du précepteur] en tremblant et disant ces mots 'Mamis, mamis, le feu est là !" ... "Ce sont pourtant vos enfans qui ont mis le feu, à quoy elle répondit 'Ne dites pas cela, car l'enfant serait tué !', terme de la temoin..." ... "Comment Petit misérable, tu dis cela au coin d'une boutique ! Tu cours les risques de mettre ton pere et ta mere à coucher sur la paille !" »

— Archives du présidial de Rennes
Origine : Cote 2B 473 - Archives d'Ille-et-Vilainelicence

Cette affaire est essentiellement intéressante pour les attitudes face au feu à cette époque. Il n'est à aucun moment question d'une alerte générale et d'une mobilisation locale, mais des témoins racontent comment ils sont intervenus isolément et spontanément pour lutter contre lui à son début, tandis qu'une femme au moins se barricade judicieusement chez elle. Sans matériel, ils semblent se contenter de jeter le plus inflammable ou combustible par les fenêtres. La réaction aurait été suffisante, puisqu'en dépit du vent, seuls toiture et combles ont soufferts de cet accident.

Sur la carte

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Références

  1. Les rues de Rennes, par Lucien Decombe, éd. Alphonse Le Roy - 1892

Liens externes

Louis d'Orléans (1703-1752) Wikipedia-logo-v2.svg

Un article sur la rue: http://www.rennes-infos-autrement.fr/9113-4/


Pour déambuler dans les rues de Rennes, son histoire et la Collection YRG, cliquer ici 312 ou ici 418

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