Claire et Guy Champollion

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Claire et Guy Champollion sont les fondateurs de l'ADFI, association de défense des valeurs familiales et de l'individu.[1]

Rencontre du couple

Claire, Amélie Lamy est née le 27 août 1920 à Paris (5e), d'un père, Alfred Lamy, polyglotte et fin lettré, qui tient le magasin de meubles de ses beaux-parents, établis dans le quartier du Marais. Sa mère, Marguerite Bloch, également cultivée et très indépendante d'esprit, forme les jeunes ouvrières parisiennes aux arts ménagers ; elle publie également des articles et des ouvrages traitant de ces questions. Ses parents se sont rencontrés en 1916, lorsqu'Alfred est hospitalisé, à la suite de sa troisième blessure à l’École Polytechnique Wikipedia-logo-v2.svg où Marguerite est infirmière volontaire.

Après de brillantes études secondaires au lycée Victor Hugo, à Paris et un premier prix au Concours Général, elle intègre l’École Normale. Claire Champollion voyage déjà souvent, en compagnie de ses parents, puis seule à travers l'Europe.

Claire devient, à 21 ans, la plus jeune agrégée d'allemand de France, puis débute ensuite une carrière dans différents lycées.

En 1946, alors qu'elle est interprète au sein des Forces Françaises en Allemagne elle rencontre Guy Champollion, fils de petits agriculteurs de montagne à Valjouffrey dans l'Isère, mobilisé pour la durée de la guerre en Afrique du Nord. Il participe à la Campagne de France en 1944-1945 et se retrouve ainsi stationné en Allemagne pour quelques mois. Entre eux c'est le coup le foudre, ils se marient le 16 octobre 1946 à la mairie du 16e arrondissement de Paris.

Installation à Rennes

Son mari Guy est d'abord instructeur en météorologie dans l'Aviation Légère de l'Armée de Terre à Salon-de-Provence, puis ingénieur en météorologie à Paris, il entreprend en 1955, à 34 ans, de faire des études de médecine, alors que le couple a déjà plusieurs enfants. Diplômé en 1962, l'année suivante il s'installe à Rennes. Il ouvre son cabinet de médecine générale, rue Louis Mazan, dans le quartier Sainte-Thérèse à Rennes, avec, à proximité, le lotissement des Castors, alors en pleine expansion, habité en majorité par une population d'employés et d'ouvriers.

La même année, Claire Champollion est nommée professeur à la faculté de Rennes où elle va poursuivre sa carrière jusqu'en 1978. Active dans les échanges franco-allemands, elle s'occupe également d'un centre de rencontre œcuménique qui réunit en Allemagne les jeunes de plusieurs continents. Ces engagements sont intimement liés aux années de guerre qui ont marqué sa jeunesse, notamment au travers des persécutions qui ont atteint sa famille maternelle, de confession juive.

Guy Champollion est confronté aux difficultés du médecin isolé au milieu de ces grands ensembles alors dépourvus d'équipements sociaux, il s'engage alors auprès de la profession pour la création de cabinets de groupes, plus à même de répondre aux besoins de la médecine de ville : équipements, permanence, garde de nuit. Ce cabinet de groupe s'installe dans un rez-de-chaussée de la rue Frédéric Mistral, en 1972, avec trois autres médecins.

Octobre 1974 : le fils Champollion est embrigadé dans une secte

Un soir d'octobre 1974, au domicile de la famille Champollion c'est l'inquiétude, l'un des enfants qui a juste 18 ans n'est pas rentré, le vélomoteur n'est pas dans le garage. Appels à la police et dans les hôpitaux : rien. Ce n'est que cinq jours plus tard que le téléphone sonne. C'est lui, il est à Lyon, mais ne peut pas dire ce qu'il y fait, ne peut pas laisser d'adresse, mais un indice à été donné, il a parlé d'AUCM.

Que veut dire ce sigle ? En moins d'une journée les parents découvrent que ce sigle est présent à Rennes, rue de Bertrand, que c'est un mouvement religieux : "l'Association pour l'Unification du Christianisme Mondial". Ils se rendent alors au siège de cette association, obtiennent des tracts, où ils trouvent l'adresse des autres sièges en France dont celui de Lyon.

Sans perdre de temps Guy Champollion, accompagné d'un autre de ses fils, prend la direction de Lyon pour trouver le local de ce qui se trouve être une "secte". Derrière l'AUCM se cache la secte Moon, dont le fondateur, un Nord-Coréen, se fait appeler le "Réverend Sun Myung Moon". Selon lui, le Christ lui est apparu à l'âge de 16 ans, il prétend être le deuxième fils de Dieu, venu terminer ce que Jésus-Christ n'avait pas eu le temps de terminer, il est là pour la réunification des deux Corée et surtout pour combattre le communisme, qui règne en Corée du Nord, le "Nouveau Satan".

Afin d'éviter le scandale, le fils est autorisé par un responsable à rentrer à Rennes en compagnie de son père pour qu'il puisse "dire adieu à sa mère". Les cinq ou six jours d'endoctrinement ont suffi, après une nuit dans sa famille, c'est à nouveau le départ pour la secte. Il ne reviendra jamais. Légalement, les parents Champollion ne peuvent rien faire : depuis un peu plus de trois mois, l'âge de la majorité est passé à 18 ans, leur fils est donc maintenant majeur.

La secte Moon

Installé aux Etats-Unis depuis 1972, Moon y a pignon sur rue, qui est présent sous différents noms, c'est avant tout un empire industriel : immobilier, bijouterie (dont plusieurs en France), presse (Washington Times), mais aussi des fabriques d'armement et s'étend également dans des mouvements politiques et féministes comme, entre autres, la Fédération des Femmes pour la Paix Mondiale (FFPM) ou la Fédération de Famille pour la Paix dans le Monde et l'Unification (FFPMU). La méthode de recrutement se fait par voie de tracts dans la rue. Quand le contact est pris, une invitation est donnée à des soirées ou à se rendre au siège de la secte.

À Rennes, le siège de l'association ne se trouve alors pas très loin de la place de la Mairie où les adeptes recrutent aux abris-bus, à l'étage d'un immeuble de la rue de Bertrand. Ceux qui ont mordu à l'hameçon sont ensuite dirigés vers la région parisienne pour des séminaires d'endoctrinement, durant plusieurs jours. Quand l'adepte est bien formaté et bien soumis, il a droit à un voyage aux Etats-Unis où lui-même fait de la prospection dans la rue, certains rejoignent ensuite la Corée du Sud pour travailler gratuitement dans les usines d'armements.

Création de l'ADFI

Les époux Champollion découvrent que beaucoup d'autres jeunes ont été embrigadés, dont certains sont mineurs. Ils décident alors de se battre et fondent, en décembre 1974, l'Association pour la Défense des valeurs Familiales et de l'Individu Wikipedia-logo-v2.svg (ADFI). Guy Champollion va en être le président.

Après avoir recueilli le témoignage d'une jeune Rennaise qui avait été rejetée par la secte, des articles vont paraître dans Ouest-France dans lesquels les coordonnées de l'ADFI sont mentionnées. Dès la première semaine 111 familles vont se manifester, des réunions publiques sont organisées avec des témoignages, des journalistes de la presse nationale sont présents. À partir de là d'autres ADFI vont être fondées dans toute la France, pour prévenir contre tous les mouvements sectaires. Ils sont devenus les ennemis n°1 de la secte.

En juillet 1975, Guy Champollion décède brutalement, à l'âge de 54 ans, la secte va alors écrire à tous ses disciples à travers le monde que "le père satanique a été emporté par Satan". Lors de leurs démarchages dans les rues ils vont même menacer du même sort tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux. Claire Champollion va continuer le combat, mais comme simple adhérente de l'association, car celle-ci a pris tellement d'ampleur que Claire ne se sent pas capable de diriger une telle organisation. Elle va alors recueillir, traduire et diffuser quantité de documents et témoignages pour alimenter le travail de l'ADFI[2].

Claire Champollion va continuer sa carrière de professeur jusqu'en 1978, très active dans les échanges franco-allemands.

Son militantisme et sa disponibilité au service de la paix, des libertés, du respect des personnes et des droits de l'Homme l'habiteront jusqu'à sa disparition, le 24 juillet 2003, à Neuilly-sur-Seine.

Liens internes

Note et références

Projet porté par Joël David Chargé d'odonymie à la Ville de Rennes

Propos mis à jour par Elisa Triquet, médiatrice numérique