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Rue de la Grippe

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La rue de la Grippe sur le plan de Rennes de 1726.
Extrait d'un plan cartographiant au XVIIIe siècle les baraques édifiées suite à l'incendie de 1720. Elles sont particulièrement concentrée dans la Grippe et la rue du même nom à proximité de la Porte-Blanche. NB : le nord et l'intra-muros sont en bas de l'image.
Extrait de l'équivalent d'un plan cadastral des parcelles dont se sont emparé des Rennais sur le terrain de la Grippe. Cette vue donne des indications sur la Porte-Blanche à proximité de la tour du Bourreau.

La rue de la Grippe est une rue qui se trouvait au XVIIIe siècle au sud de l'enceinte de Rennes, à proximité de l'entrée de la rue Saint-Hélier. Au siècle suivant, la destruction des murs et le comblement des douves ont permis l'ouverture de voies amples comme l'avenue Janvier, la réduisant aux maisons les plus proches de la rue Saint-Hélier. Réduite à une voie piétonne d'une trentaine de mètres, elle ne se compose plus que d'arrières d'immeubles de l'avenue Janvier et de la rue Saint-Hélier.

Histoire

Le plan dressé par l'ingénieur de la ville au cours du siècle (cote 1Fi 22 des Archives municipales) indique notamment que la rue s'appelait aussi rue de Beaumont et conduit au champ de foire, l'amorce du Champ de Mars, devenu esplanade du Général de Gaulle. De nos jours, mais plus au sud, le boulevard de Beaumont a pris le relai du point de vue de ce nom de lieu.


« Avant 1720, elle s’appelait rue de Beaumont, parce qu’elle conduisait à la ferme de ce nom en traversant les terrains marécageux sur lesquels fut établi plus tard le Champ de Mars. Après l’incendie de Rennes, les malheureux habitants dont les demeures avaient été détruites transportèrent un peu partout, en-dehors de la ville, les meubles et les effets qu’ils avaient pu sauver. La rue de Beaumont et les terrains adjacents serviront ainsi d’asile à de nombreux incendiés, asile peu sûr, paraît-il, puisque ces malheureux, voyant leurs mobiliers pillés, volés, grippés par les maraudeurs, s’en allèrent chercher ailleurs un autre lieu de refuge, laissant à la rue de Beaumont le surnom bien mérité de rue de la Grippe, que le peuple lui a conservé jusqu’à nos jours. »

— Lucien Decombe
Origine : Notice sur les rues de Rennes. • Recueilli par Wikisource • 1883licence


« Une rue peu comme de non concitoyens, c'est assurément la rue qui porte le nom d'une maladie qui a fait cette année parler d'elle. Oui, il y a une rue à Rennes qui s'appelle rue de la Grippe. Rue est peut-être beaucoup dire, impasse serait plus juste, quoique la plaque d'émail bleu porte cependant : rue. La rue de la Grippe, c'est la sorte de petit boyau étranglé que l'on rencontre sur la droite, tout à l'entrée de la rue Saint-Hélier. Les quelques mètres qu'elle mesure aboutissent à l'avenue de la Gare. Il paraît que le nom de cette voie peu fréquentée vient de ce que, lors de l'incendie de 1720, qui dévasta Rennes, des filous « grippèrent » - gripper équivalait à cette époque à voler - les objets précieux que les sinistrés avaient déposés dans cet endroit pour les soustraire aux flammes. »

— L'Ouest-Eclair
Origine : Numero du 13 mars 1907 • Recueilli par Manudu35 • 2018licence

En 1854, la Vilaine, bientôt canalisée, va permettre la disparition des douves et l'ouverture du boulevard de la Liberté, grignotant ce qui restait de la rue de la Grippe.

En septembre 1849, lors du 16e congrès scientifique de France, tenu à Rennes, le docteur Adolphe Toulmouche[1] fait état de la mortalité constatée dans cette rue et la rue du Faux Pont, due à la stagnation d'eaux infectes en été: en 1835 on avait constaté dans ces deux ruelles 7 décès sur 123 habitants, soit 5,7%, "plus forte des deux cinquièmes que celle de la commune de Rennes tout entière"[2]. Sur un plan de la ville de 1846 est mentionné un abreuvoir à l'extrémité de la rue de la Grippe, le long de ce qui est cité comme "canal d'assainissement" et qui entoure les murs de la ville, et plus précisément au niveau de la partie comprise entre les anciens pont aux Lions et pont de Porte-Blanche. C'est peut-être à partir de ce point d'eau que venaient s'approvisionner en eau les victimes.

Références

  1. rue Toulmouche
  2. Gallica, 16e Congrès scientifique de France, p. 336