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De Lamballe Deman gagne Saint-Cast-le-Guildo sur un vélo que lui a prêté Aline Jestin. Après avoir repéré les lieux les plus propices à l'hébergement des agents et d'aviateurs à rapatrier et à l'embarquement, la plage de Rothèneuf ayant été écartée par Deman en raison d'une surveillance ennemie des accès trop importante, le réseau mène ses premières opérations dans les Côtes-du-Nord dans les environs de '''Saint-Cast''', <ref> www.escapelines.com </ref> où {{w|Cecily Lefort}}, agent du SOE,  avait remis en août  à Deman une liste de contacts, et possédant une villa dans le secteur, la mettait  à la disposition  du réseau. Quatre opérations maritimes, seront menées par la grève du Mousselet côté est de la baie de la Fresnaye.
De Lamballe Deman gagne Saint-Cast-le-Guildo sur un vélo que lui a prêté Aline Jestin. Après avoir repéré les lieux les plus propices à l'hébergement des agents et d'aviateurs à rapatrier et à l'embarquement, la plage de Rothèneuf ayant été écartée par Deman en raison d'une surveillance ennemie des accès trop importante, le réseau mène ses premières opérations dans les Côtes-du-Nord dans les environs de '''Saint-Cast''', <ref> www.escapelines.com </ref> où {{w|Cecily Lefort}}, agent du SOE,  avait remis en août  à Deman une liste de contacts, et possédant une villa dans le secteur, la mettait  à la disposition  du réseau. Quatre opérations maritimes, seront menées par la grève du Mousselet côté est de la baie de la Fresnaye.


Dans la nuit du 28-29 octobre, venant d'Angleterre, (opération Jealous ouMango 4 pour SOE)  débarquent du MGB 697 Erwin Deman et Emile Minerault, 32 ans, américain d'origine française, avec des magasins et du matériel radio et ils  gagnent vers deux heures du matin la villa  ''Feux-Follets'' au 33 rue des Nouettes, à Saint-Cast. La vedette arrivait remplie de matériel (armes, postes de radio, provisions…).
Dans la nuit du 28-29 octobre, venant d'Angleterre, (opération Jealous ouMango 4 pour SOE)  débarquent du MGB 697 Erwin Deman et Emile Raymond  Minerault, 32 ans, américain d'origine française, avec des magasins et du matériel radio et ils  gagnent vers deux heures du matin la villa  ''Feux-Follets'' au 33 rue des Nouettes, à Saint-Cast. La vedette arrivait remplie de matériel (armes, postes de radio, provisions…).
« Imaginez la difficulté à les transporter, la nuit, le long du sentier escarpé qui remonte du Mousselet ![...] Bien sûr, cela n’était pas de tout repos pour mes parents qui avaient à héberger ces fugitifs, en cette période de restrictions alimentaires. Ils furent aidés pour cela par le secrétaire de Mairie de Plurien, Jules Labbé, qui s’arrangea pour leur fournir tickets de rationnement et faux papiers, et aida mon frère Aristide dans ses recherches d’approvisionnement à travers la campagne ».
« Imaginez la difficulté à les transporter, la nuit, le long du sentier escarpé qui remonte du Mousselet ![...] Bien sûr, cela n’était pas de tout repos pour mes parents qui avaient à héberger ces fugitifs, en cette période de restrictions alimentaires. Ils furent aidés pour cela par le secrétaire de Mairie de Plurien, Jules Labbé, qui s’arrangea pour leur fournir tickets de rationnement et faux papiers, et aida mon frère Aristide dans ses recherches d’approvisionnement à travers la campagne ».
Autre difficulté : le triste état dans lequel arrivaient certains des aviateurs : quelques-uns étaient blessés (et pas question d’appeler un médecin !). Leurs vêtements devaient être nettoyés, réparés et, souvent, remplacés. Madame Sicot s’en chargeait. <ref>  Témoignage de Renée Sicot-Labbé, sœur d’Aristide, en 1992  " </ref>  Le 31, ils prennent un train pour Rennes à la gare de Plestan. A Rennes, Deman emmène Minerault chez un cordonnier du 21 rue Saint-Hélier, chez M et Mme Bieard. Minerault reste rue Saint-Hélier jusqu'au mardi 2 novembre, période pendant laquelle Deman amène Louis Lecorvaisier, pour rencontrer Minerault  <ref> « Le 7 mars 1945 les déportés d’un « convoi d’inutiles » en provenance de Dora furent gazés  à Bergen Belsen, dont Emile Minerault, matricule 77476 </ref> et il rend visite aux sœurs Jestin, rue de Bertrand, pour savoir ce qui se passait depuis son départ en septembre, puis fit venir Louis Lecorvaisier à leur appartement.  Le 25 novembre eut lieu la première opération importante.
Autre difficulté : le triste état dans lequel arrivaient certains des aviateurs : quelques-uns étaient blessés (et pas question d’appeler un médecin !). Leurs vêtements devaient être nettoyés, réparés et, souvent, remplacés. Madame Sicot s’en chargeait. <ref>  Témoignage de Renée Sicot-Labbé, sœur d’Aristide, en 1992  " </ref>  Le 31, ils prennent un train pour Rennes à la gare de Plestan. A Rennes, Deman emmène Minerault chez un cordonnier du 21 rue Saint-Hélier, chez M et Mme Bieard. Minerault reste rue Saint-Hélier jusqu'au mardi 2 novembre, période pendant laquelle Deman amène Louis Lecorvaisier, pour rencontrer Minerault  <ref> « Le 7 mars 1945 les déportés d’un « convoi d’inutiles » en provenance de Dora furent gazés  à Bergen Belsen, dont Emile Minerault, matricule 77476 </ref> et il rend visite aux sœurs Jestin, rue de Bertrand, pour savoir ce qui se passait depuis son départ en septembre, puis fit venir Louis Lecorvaisier à leur appartement.  Le 25 novembre eut lieu la première opération importante.
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==== Puis de Guimaëd, à l'ouest de Locquirec====
==== Puis de Guimaëd, à l'ouest de Locquirec====
Les opérations ultérieures de la ligne Var furent déplacées plus à l'ouest jusqu'à la plage de Beg-an-Fry, près de Guimaëc, dans le Finistère. Sous la pointe de Beg An Fry Aristide Sicot,<ref>https://maitron.fr/spip.php?article173236</ref>  alias ''Jeannette'', avait repéré la petite plage de Vilin Izella tout-à-fait adaptée à un débarquement, protégée des regards à l'est par deux éperons rocheux. Sept opérations maritimes y furent menées lors des nuits sans lune.<ref>Témoignage du capitaine Louis Lecorvaisier (alias ''Yves'') du réseau VAR 8 déc. 1945. Une stèle y fut érigée en 1969.
Les opérations ultérieures de la ligne Var furent déplacées plus à l'ouest jusqu'à la plage de Beg-an-Fry, près de Guimaëc, dans le Finistère. Sous la pointe de Beg An Fry Aristide Sicot,<ref>https://maitron.fr/spip.php?article173236</ref>  alias ''Jeannette'', avait repéré la petite plage de Vilin Izella tout-à-fait adaptée à un débarquement, protégée des regards à l'est par deux éperons rocheux. Sept opérations maritimes y furent menées lors des nuits sans lune.<ref>Témoignage du capitaine Louis Lecorvaisier (alias ''Yves'') du réseau VAR 8 déc. 1945. Une stèle y fut érigée en 1969.
https://francearchives.fr/fr/facomponent/7672205d9be3b7c5aca2124a3400fa627bd18c91 </ref>. Quelques résistants étaient chargés d’accueillir les agents en gare locale, un négociant en vin, Pierre Barazer, assurait leur transport, les sœurs du tabac-épicerie Jacob à Guimaëc hébergeaient les agents dans une maison inhabitée située en face de leur établissement et voisine d'une maison occupée par les Allemands. Yvonne et Germaine Jacob assurent la nourriture et l’hébergement. Alice et Raymonde sont nommées "chefs de plage", elles sont de toutes les opérations d’embarquement et de débarquement. Convoyeuses et guides pour le transfert des agents, elles font des centaines de kilomètres dans le pays de Morlaix à bicyclette puis des missions à Paris.  Avec la complicité d'un forgeron de Plouigneau, Thomas (qui accueillait les aviateurs à la gare locale) et d'un négociant en vins, ils étaient transférés de Guimaëc vers Beg-ar-Fri à pied, un trajet d'environ 7 km, de nuit en suivant le talus côté champ alors que les patrouilles allemandes passaient sur la route à 5 mètres d'eux.
https://francearchives.fr/fr/facomponent/7672205d9be3b7c5aca2124a3400fa627bd18c91 </ref>. Quelques résistants étaient chargés d’accueillir les agents en gare locale, un négociant en vin, Pierre Barazer, assurait leur transport, les sœurs du tabac-épicerie Jacob à Guimaëc hébergeaient les agents dans une maison inhabitée située en face de leur établissement et voisine d'une maison occupée par les Allemands. Yvonne et Germaine Jacob assurent la nourriture et l’hébergement. Alice et Raymonde sont nommées "chefs de plage", elles sont de toutes les opérations d’embarquement et de débarquement. Convoyeuses et guides pour le transfert des agents, elles font des centaines de kilomètres dans le pays de Morlaix à bicyclette puis des missions à Paris.  Avec la complicité d'un forgeron de Plouigneau, Thomas (qui accueillait les aviateurs à la gare locale) et d'un négociant en vins, ils étaient transférés de Guimaëc vers Beg-ar-Fry à pied, un trajet d'environ 7 km, de nuit en suivant le talus côté champ alors que les patrouilles allemandes passaient sur la route à 5 mètres d'eux.


Rennes puis Redon étaient les villes de ralliement avant les évacuations, une par mois. De janvier à avril 1944 arrivants ou partants sont abrités dans la maison de François Tocquer, beau-père de Louis Mercier qui y vivait avec sa famille de cinq enfants, à 400 mètres d'un poste allemand avec rondes jour et nuit !  Les arrivants sont conduits par Louis Mercier, P1, à la gare de Morlaix. <ref>Rapport de Louis Lecorvaisier, liquidateur du réseau, sur les activités de François Tocquer et Louis Mercier </ref>
Rennes puis Redon étaient les villes de ralliement avant les évacuations, une par mois. De janvier à avril 1944 arrivants ou partants sont abrités dans la maison de François Tocquer, beau-père de Louis Mercier qui y vivait avec sa famille de cinq enfants, à 400 mètres d'un poste allemand avec rondes jour et nuit !  Les arrivants sont conduits par Louis Mercier, P1, à la gare de Morlaix. <ref>Rapport de Louis Lecorvaisier, liquidateur du réseau, sur les activités de François Tocquer et Louis Mercier </ref>
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