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[[File:099 La révolte du papier timbré.jpg|thumb|Allégorie de la [[Révolte du papier timbré]] ([[Musée des beaux-arts]] de Rennes) où l'impôt est représenté sous la forme d'un char tiré par deux tigres et conduit par un diable, sur lequel se trouve le duc de Chaulnes avec à ses pieds des sacs d’or, des coffres de bijoux et de pierres précieuses, et du papier timbré au-dessus de la roue. À droite, les allégories de la Justice et la Paix, assises devant un temple, détournent le regard. À gauche, la ville de Rennes est envahie par les flammes de l'Enfer]] | [[File:099 La révolte du papier timbré.jpg|thumb|Allégorie de la [[Révolte du papier timbré]] ([[Musée des beaux-arts]] de Rennes) où l'impôt est représenté sous la forme d'un char tiré par deux tigres et conduit par un diable, sur lequel se trouve le duc de Chaulnes avec à ses pieds des sacs d’or, des coffres de bijoux et de pierres précieuses, et du papier timbré au-dessus de la roue. À droite, les allégories de la Justice et la Paix, assises devant un temple, détournent le regard. À gauche, la ville de Rennes est envahie par les flammes de l'Enfer]] | ||
[[Fichier:Rennes Place Saint Pierre juin 2013.jpg|Right|thumb|La [[Rue de la Monnaie]] de Rennes devant l'hôtel de Pinieuc]] | [[Fichier:Rennes Place Saint Pierre juin 2013.jpg|Right|thumb|La [[Rue de la Monnaie]] de Rennes devant l'hôtel de Pinieuc]] | ||
[[File:EH1286469 Goldsmiths Hall 03.jpg|thumb|Façade de Goldsmiths' Hall, City de Londres]] | [[File:EH1286469 Goldsmiths Hall 03.jpg|thumb|Façade de Goldsmiths' Hall, City de Londres]] | ||
'''Peter (Pierre) Jouet''' est un orfèvre né à la fin du | '''Peter (Pierre) Jouet''' est un orfèvre né à la fin du XVIIème siècle d'origine huguenote inscrit au registre de la Compagnie des Orfèvres de Londres<ref>https://www.thegoldsmiths.co.uk/</ref> (Worshipful Company of Goldsmiths - formally styled ''The Wardens and Commonalty of the Mystery of Goldsmiths of the City of London''). Il s'agissait d'une guilde influente, fournissant plus de 50 maires de Londres<ref>https://www.londonmuseum.org.uk/collections/london-stories/lord-mayors-london/</ref>. Elle fonda notamment Goldsmiths, University of London<ref>https://www.gold.ac.uk/</ref>. | ||
A l'instar de la [[Rue de la Monnaie]] '''de Rennes''' (l'orthographe utilisée était rue de la Monnoye) et son '''Hôtel des Monnaies''' situé sur le même axe que l'église protestante du Thabor – et ce jusqu’à l’aube du XIXème siècle, de nombreuses villes frappèrent la monnaie pour le Roi de France. Il en allait de la bonne diffusion de l’argent nécessaire à la bonne marche de l’économie. | A l'instar de la [[Rue de la Monnaie]] '''de Rennes''' (l'orthographe utilisée était rue de la Monnoye) et son '''Hôtel des Monnaies''' situé sur le même axe que l'église protestante du Thabor – et ce jusqu’à l’aube du XIXème siècle, de nombreuses villes frappèrent la monnaie pour le Roi de France. Il en allait de la bonne diffusion de l’argent nécessaire à la bonne marche de l’économie. | ||
'''En 1691, vingt-sept ateliers de fabrication de monnaies jalonnaient le territoire.''' En 1725, lorsque Rennes commença à renaître de ses cendres, l’on songea à bâtir un nouvel hôtel pour les monnaies dans l’une des nouvelles rues projetées. Le bâtiment devint l'Hôtel de France, le plus luxueux de la ville, reçut des hôtes illustres, comme le duc de Westminster.<ref> [[En 1925 un certain Hugh Grosvenor à Rennes]]</ref> En 1792, l'hôtel est occupé par le service des messageries. | '''En 1691, vingt-sept ateliers de fabrication de monnaies jalonnaient le territoire.''' En 1725, lorsque Rennes commença à renaître de ses cendres, l’on songea à bâtir un nouvel hôtel pour les monnaies dans l’une des nouvelles rues projetées. Le bâtiment devint l'Hôtel de France, le plus luxueux de la ville, reçut des hôtes illustres, comme le duc de Westminster.<ref> [[En 1925 un certain Hugh Grosvenor à Rennes]]</ref> En 1792, l'hôtel est occupé par le service des messageries. | ||
Un autre membre de sa famille, bien que sans marque enregistrée, était probablement Samuel Juett, fils de John, apprenti chez Thomas Wotton en 1702 dans la City de Londres. | Un autre membre de sa famille, bien que sans marque enregistrée, était probablement Samuel Juett, fils de John, apprenti chez Thomas Wotton en 1702 dans la City de Londres. | ||
En 1661, le cardinal Mazarin, qui avait reconnu la loyauté et les bons services des huguenots et avait agi comme leur protecteur en France, mourut. En 1669, Louis XIV décréta que la prédication protestante devait être limitée à un seul lieu par ville. | En 1661, le cardinal Mazarin, qui avait reconnu la loyauté et les bons services des huguenots et avait agi comme leur protecteur en France, mourut. En 1669, Louis XIV décréta que la prédication protestante devait être limitée à un seul lieu par ville. | ||
== Hôtel des monnaies, exils religieux et parlementaire (Révolte du papier timbré), incendies : un miroir territorial transmanche ? == | == Hôtel des monnaies, exils religieux et parlementaire (Révolte du papier timbré), incendies : un miroir territorial transmanche ? == | ||
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La révocation a pour conséquence une accélération de l'exil de quelque 200 000 protestants, soit environ un pour cent de la population du royaume, appartenant pour beaucoup d'entre eux à l'élite intellectuelle, dont [[Peter Jouet]] et [[Simon Jouet (orfèvre)]], fuyant vers des pays de Refuge, concurrents économiques de la France : l'Angleterre, les Provinces-Unies, la Suisse et la Prusse, et parfois leurs colonies comme les Treize Colonies britanniques en Amérique (futurs États-Unis) ou la colonie des Provinces-Unies au Cap (future Afrique du Sud). | La révocation a pour conséquence une accélération de l'exil de quelque 200 000 protestants, soit environ un pour cent de la population du royaume, appartenant pour beaucoup d'entre eux à l'élite intellectuelle, dont [[Peter Jouet]] et [[Simon Jouet (orfèvre)]], fuyant vers des pays de Refuge, concurrents économiques de la France : l'Angleterre, les Provinces-Unies, la Suisse et la Prusse, et parfois leurs colonies comme les Treize Colonies britanniques en Amérique (futurs États-Unis) ou la colonie des Provinces-Unies au Cap (future Afrique du Sud). | ||
London Goldsmiths 1697-1837 : Their Marks & Lives (Orfèvres londoniens (1697-1837) : Leurs marques et leurs vies) | |||
Ce guide présente une liste alphabétique de tous les poinçons de maîtres connus, depuis le début des registres de Goldsmiths' Hall en 1697 jusqu'en 1837. 3 473 poinçons sont reproduits à partir des registres originaux et 441 autres proviennent de diverses sources. Outre la section principale consacrée aux poinçons de maîtres londoniens, une section traite également des maîtres provinciaux ayant déposé leurs poinçons à Londres. L'ouvrage contient aussi un dictionnaire biographique des maîtres, recensant près de 2 600 noms<ref>https://www.amazon.co.uk/London-Goldsmiths-1697-1837-Their-Marks/dp/0571152384</ref>. | Ce guide présente une liste alphabétique de tous les poinçons de maîtres connus, depuis le début des registres de Goldsmiths' Hall en 1697 jusqu'en 1837. 3 473 poinçons sont reproduits à partir des registres originaux et 441 autres proviennent de diverses sources. Outre la section principale consacrée aux poinçons de maîtres londoniens, une section traite également des maîtres provinciaux ayant déposé leurs poinçons à Londres. L'ouvrage contient aussi un dictionnaire biographique des maîtres, recensant près de 2 600 noms<ref>https://www.amazon.co.uk/London-Goldsmiths-1697-1837-Their-Marks/dp/0571152384</ref>. | ||
===Références=== | |||
Version du 22 décembre 2025 à 17:49
Peter (Pierre) Jouet est un orfèvre né à la fin du XVIIème siècle d'origine huguenote inscrit au registre de la Compagnie des Orfèvres de Londres[1] (Worshipful Company of Goldsmiths - formally styled The Wardens and Commonalty of the Mystery of Goldsmiths of the City of London). Il s'agissait d'une guilde influente, fournissant plus de 50 maires de Londres[2]. Elle fonda notamment Goldsmiths, University of London[3].
A l'instar de la Rue de la Monnaie de Rennes (l'orthographe utilisée était rue de la Monnoye) et son Hôtel des Monnaies situé sur le même axe que l'église protestante du Thabor – et ce jusqu’à l’aube du XIXème siècle, de nombreuses villes frappèrent la monnaie pour le Roi de France. Il en allait de la bonne diffusion de l’argent nécessaire à la bonne marche de l’économie.
En 1691, vingt-sept ateliers de fabrication de monnaies jalonnaient le territoire. En 1725, lorsque Rennes commença à renaître de ses cendres, l’on songea à bâtir un nouvel hôtel pour les monnaies dans l’une des nouvelles rues projetées. Le bâtiment devint l'Hôtel de France, le plus luxueux de la ville, reçut des hôtes illustres, comme le duc de Westminster.[4] En 1792, l'hôtel est occupé par le service des messageries.
Un autre membre de sa famille, bien que sans marque enregistrée, était probablement Samuel Juett, fils de John, apprenti chez Thomas Wotton en 1702 dans la City de Londres.
En 1661, le cardinal Mazarin, qui avait reconnu la loyauté et les bons services des huguenots et avait agi comme leur protecteur en France, mourut. En 1669, Louis XIV décréta que la prédication protestante devait être limitée à un seul lieu par ville.
Hôtel des monnaies, exils religieux et parlementaire (Révolte du papier timbré), incendies : un miroir territorial transmanche ?
Avec un édit promulgué à Pîtres (Eure) – et tous ceux qui suivront au cours du Moyen-Âge – le Roi entend concentrer entre ses mains le pouvoir de frapper la monnaie, longtemps partagé avec les nombreux seigneurs, barons et ecclésiastiques des provinces.
Dans la dynamique de l’unification du pays, les rois, carolingiens puis capétiens, feront de la frappe (fabrication) et de l’émission (mise en circulation) monétaires un pouvoir régalien. Pour des raisons techniques – les monnaies étant frappées à la main, au moyen d’un marteau – et jusqu’à l’aube du XIXème siècle, de nombreuses villes frappèrent la monnaie pour le Roi de France. Il en allait de la bonne diffusion de l’argent nécessaire à la bonne marche de l’économie.
Le nombre d’ateliers varie alors pendant plusieurs siècles. Les crises monétaires, les besoins du Roi et les annexions territoriales à la Couronne font régulièrement fluctuer leur nombre. Il faudra attendre le règne de Louis XIV à la toute fin du XVIIème siècle pour que les monnaies frappées d'un bout à l'autre du royaume soient identiques ; la révolution technique de la frappe au balancier (plus rigoureuse mais aussi plus sûre) ayant permis d’optimiser les fabrications monétaires. En 1691, vingt-sept ateliers de fabrication de monnaies jalonnaient le territoire.
Révolte du papier timbré
"Voulez-vous savoir des nouvelles de Rennes ? Il y a toujours cinq mille hommes, car il en est venu encore de Nantes. On a fait une taxe de cent mille écus sur le bourgeois, et si on ne les trouve pas dans les 24 heures, elle sera doublée et exigible par les soldats. On a chassé et banni toute une grande rue et défendu de les recueillir sous peine de vie, de sorte qu'on voyait tous ces misérables, vieillards, femmes accouchées, enfants, errer en pleurs au sortir de cette ville, sans savoir où aller, sans avoir de nourriture, ni de quoi se coucher. On roua, avant hier un violon qui avait commencé la danse et la pillerie du papier timbré (...)".
Ainsi est décrite l'atrocité de la répression infligée à la ville de Rennes dans ces lignes extraites d'une longue lettre de Madame de Sévigné à sa fille, Madame de Grignan, le 30 octobre 1675, même si l'on peut se demander si l'épistolière n'en ajoute pas pour capter l'intérêt de la destinataire.
Édit de Fontainebleau
La révocation de l'édit de Nantes a été actée par Louis XIV en signant l'édit de Fontainebleau le 18 octobre 1685. En annulant l'édit par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants du royaume, Louis XIV a interdit le culte protestant en France.
La révocation a pour conséquence une accélération de l'exil de quelque 200 000 protestants, soit environ un pour cent de la population du royaume, appartenant pour beaucoup d'entre eux à l'élite intellectuelle, dont Peter Jouet et Simon Jouet (orfèvre), fuyant vers des pays de Refuge, concurrents économiques de la France : l'Angleterre, les Provinces-Unies, la Suisse et la Prusse, et parfois leurs colonies comme les Treize Colonies britanniques en Amérique (futurs États-Unis) ou la colonie des Provinces-Unies au Cap (future Afrique du Sud).
London Goldsmiths 1697-1837 : Their Marks & Lives (Orfèvres londoniens (1697-1837) : Leurs marques et leurs vies)
Ce guide présente une liste alphabétique de tous les poinçons de maîtres connus, depuis le début des registres de Goldsmiths' Hall en 1697 jusqu'en 1837. 3 473 poinçons sont reproduits à partir des registres originaux et 441 autres proviennent de diverses sources. Outre la section principale consacrée aux poinçons de maîtres londoniens, une section traite également des maîtres provinciaux ayant déposé leurs poinçons à Londres. L'ouvrage contient aussi un dictionnaire biographique des maîtres, recensant près de 2 600 noms[5].

