Simon Jouet (orfèvre)
Simon Jouet est un orfèvre d'origine huguenote né au début du XVIIIè siècle. Il est le fils de Peter Jouet qui s'est exilé à fin du XVIIè siècle vers les portes maritimes du Devon à Topsham, un port d'estuaire historique officiellement rattaché à la ville d'Exeter en 1966, 10 ans après son jumelage avec Rennes (1956).
Ces deux générations conjuguent une tradition d'ouverture et la transition d'une aventure de vie transmanche, riche d'un parcours de débuts modestes à un impact majeur pour dessiner l'or et l'argent au sein de la Compagnie des Orfèvres de Londres[1][2] (Worshipful Company of Goldsmiths - formally styled The Wardens and Commonalty of the Mystery of Goldsmiths of the City of London). Il s'agissait d'une guilde influente, fournissant plus de 50 maires de Londres[3]. Elle fonda notamment Goldsmiths, University of London[4].
Sur les traces des Huguenots de Rennes fut une conférence musicale organisée pour marquer cinq siècles de protestantisme[5]. L'objectif visant à dépeindre la vie de la petite communauté calviniste dans la capitale bretonne, de 1550 à 1700. Une histoire douloureuse mais qui n'exclut pas le cheminement ensemble d'une diaspora pleine d'espérance et de fraternité devenue une élite au contact des grands orfèvres et banquiers de la City de Londres.
Diaspora est un mot grec qui signifie « dispersion », ce qui implique éparpillement, délitement, épuisement… S'il manque peut-être un suivi et une attention fédératrice, il convient d'explorer les maillages de cette communauté bretonne huguenote dans le monde.
Ce travail de recherche est mené à l'occasion du 70eme anniversaire du jumelage Rennes Exeter (année 2026). En juin 2025, des Rennais sont allés aux USA Rochester avec le comité de jumelage Rennes Rochester pour commémorer le passage de La Fayette il y a 200 ans à Rochester, étape dans son parcours des États-Unis.
Contexte de l'édit de Fontainebleau à Rennes (1685)
La révocation de l'édit de Nantes a été actée par Louis XIV en signant l'édit de Fontainebleau le 18 octobre 1685. En annulant l'édit par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants du royaume, Louis XIV a interdit le culte protestant en France.
La révocation a pour conséquence une accélération de l'exil de quelque 200 000 protestants, soit environ un pour cent de la population du royaume, appartenant pour beaucoup d'entre eux à l'élite intellectuelle, fuyant vers des pays de Refuge, concurrents économiques de la France : l'Angleterre, les Provinces-Unies, la Suisse et la Prusse, et parfois leurs colonies comme les Treize Colonies britanniques en Amérique (futurs États-Unis) ou la colonie des Provinces-Unies au Cap (future Afrique du Sud).
Les nouveaux espaces de la diaspora bretonne huguenote : acteurs et réseaux
Orfèvre de St. Giles with-out Cripplegate, apprenti chez John Orchard le 3 avril 1718 et transféré le 20 juin 1722 chez M. Thomas Folkingham à Swithin’s Lane.
Les orfèvres londoniens devaient depuis longtemps faire face à la concurrence des artisans étrangers, réfugiés fuyant les guerres et les persécutions religieuses dans leur propre pays, et la Compagnie veillait scrupuleusement à la protection de ses membres. Mais un problème majeur se posa à la fin du XVIIe siècle avec l'afflux de huguenots fuyant la France après la révocation de l'Édit de Nantes en 1685. Nombre de ces réfugiés s'installèrent alors à Londres, soit hors des limites de la Cité, soit dans la juridiction de Saint-Martin-le-Grand, à laquelle les règlements de la Cité ne s'appliquaient pas.
Le contournement des lois sur le poinçonnage avant 1725
Les orfèvres huguenots contournèrent d'abord les lois sur le poinçonnage en persuadant quelques artisans londoniens, dont les marques de maître étaient enregistrées à la Goldsmiths' Hall, de présenter les pièces françaises pour essai et poinçonnage comme si elles étaient les leurs.
Le droit d'apposer une marque de maître à la Goldsmiths' Hall ne pouvait être refusé à quiconque, qu'il soit ou non membre de la Compagnie à partir de 1725
Face à cette décision, les orfèvres londoniens durent, à contrecœur, céder et accepter les artisans huguenots
D'autres pétitions, émanant de membres indignés du corps de métier londonien, suivirent. Cependant, en 1725, le procureur général établit sans équivoque que le droit d'apposer une marque de maître à la Goldsmiths' Hall ne pouvait être refusé à quiconque, qu'il soit ou non membre de la Compagnie. Face à cette décision, les orfèvres londoniens durent, à contrecœur, céder et accepter les artisans huguenots. Les huguenots ont finalement donné à ce commerce l'impulsion dont il avait grand besoin, tant au niveau du design que des compétences techniques.
Apprenti en 1718, Simon Jouet obtint la citoyenneté d'honneur de la ville de Londres en 1725.
Apprenticed 1718 and gained Freedom of the City of London in 1725
La Liberté de la Cité de Londres (Freedom of the City of London) est une tradition médiévale, remontant aux années 1230, qui confère un statut honorifique reconnaissant des contributions exceptionnelles à Londres ou à la vie publique, tout en conservant des racines historiques comme droit de commerce et d'accès privilégié au sein de la Cité, symbolisé par le droit de faire passer des moutons sur le pont sans péage et aujourd'hui une reconnaissance honorifique reçue via une Compagnie de Livrée ou par nomination.
Histoire et évolution
- Origines médiévales (1230s) : Initialement, c'était un document précieux qui accordait le droit de commercer et d'exercer une profession au sein de la Cité, protégeant ses membres des taxes féodales et leur donnant accès à des réseaux professionnels importants.
- Rôle pratique : Historiquement, c'était une nécessité pour les commerçants, artisans et employés de la Cité, leur permettant de travailler librement et de bénéficier de protections.
- Évolution (1835) : Le droit de commerce exclusif a été levé, élargissant l'accès à ceux qui vivaient ou travaillaient dans la Cité, ou avaient des liens forts avec elle.
Aujourd'hui : La cérémonie est largement symbolique, mais elle honore des contributions notables (artistes, athlètes, personnalités publiques) et demeure un lien historique puissant.
Acquisition
- Compagnies de Livrée (Livery Companies) : La voie la plus courante, impliquant l'adhésion à l'une des nombreuses compagnies de la Cité (apprentissage, filiation ou rachat).
- Nomination : Une personne peut être proposée pour ses réalisations exceptionnelles dans la finance, les arts, les sciences, ou la vie publique.
- Lieu : La cérémonie se déroule à la Chamberlain's Court à Guildhall.
Symbolisme et privilèges
- Symbolisme : Reconnaissance de l'excellence et intégration dans l'histoire de la Cité.
- Privilèges historiques : Droit de voter pour les officiers de la Cité, de posséder des biens, de faire passer des moutons sur le pont (avant 1850).
- Aujourd'hui : Bien que les droits pratiques aient disparu, c'est un honneur prestigieux, souvent accompagné d'une cérémonie et d'un coffret
Libre le 27 mai 1725 (Freedom of the City of London).
Il s’agit peut-être du Simon Jovett de St. Bride’s, Londres, célibataire, marié à Sarah Browne de la même paroisse, le 29 septembre 1723 à St. Bene’t, Paul’s Wharf.
Premier poinçon (New Stand Standard) enregistré comme orfèvre entre 1724 et 1727
Second poinçon (argent sterling) enregistré comme orfèvre le 21 juillet 1725
Adresse : « en face du bureau de ravitaillement de Little Tower Hill », comme son père (mentionné ci-dessus). « Membre de la Compagnie des Orfèvres ».
Troisième poinçon, 18 juin 1739
Adresse : White Hart, Foster Lane. Déménagement à Cary Lane, le 9 septembre 1746.
Quatrième poinçon, 29 février 1748
Adresse : « désormais à Aldersgate le 5 avril 1749 », où Heal le mentionne jusqu’en 1752. Déménagement à Kingsland, le 27 mars 1755 (inscription au registre sans poinçon).
Adhésion à l’Honorable Compagnie d’Artillerie, le 10 janvier 1749.
Mentionné sous diverses formes : Simon Jovet, Jovett ou Jowett. Enseigne, Bandes d’artillerie jaunes, 1749-1752. Lieutenant, 1752-1753. Lieutenant, Bandes d’artillerie blanches, 1754 (G. Goold Walker, « Huguenots in the Trained Bands of London and the Honourable Artillery Company », Hug. Soc. Proc., 15, p. 300). Également répertorié comme huguenot par Evans (Hug. Soc. Proc., 14, p. 541)
Banquiers et Huguenots
Plusieurs orfèvres de renom, qui depuis un certain temps tenaient des caisses courantes pour pouvoir prêter de l’argent rapidement à leurs clients, abandonnèrent presque entièrement la fabrication et la vente d’argenterie pour se consacrer à la gestion de maisons de banque à plein temps.
Les billets à ordre qu’ils émettaient préfiguraient le style de nos premiers billets de banque. Des membres éminents de la Compagnie des Orfèvres, tels que Sir Robert Vyner, Sir Jeremiah Snow, l’échevin Edward Backwell, Valentine Duncomb et Robert Blanchard, amassèrent d’immenses fortunes dans leurs nouvelles activités (certains les perdirent par la suite en 1672 suite à la saisie des recettes de l’Échiquier par Charles II) et firent preuve d’une grande générosité envers la Compagnie.

