Pierre Hévin

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Pierre Hévin

(23 novembre 1623, Rennes- 15 novembre 1692, Rennes)

Jurisconsulte, avocat et historien Procureur-syndic de Rennes (1671-1674)


Origines familiales

D'après la notice biographique sur Pierre Hévin III écrite par Auguste-Marie Poullain-Duparc[1], la famille Hévin serait originaire d'Irlande. Jean Hévin, issu d'une famille noble, s'installe à Arras et épouse Marguerite Morieux en 1537.

Tous leurs enfants mènent une carrière militaire, sauf un, Pierre Hévin I sieur de Mellery qui s'oriente vers les lettres. Il fut membre de l'Université de Paris et recteur de celle de Saint-Maixent dans le Poitou. Installé à Poitiers, il épouse Madeleine Texier le 12 avril 1586, fille de François Texier, seigneur de la Guilloutière et avocat du roi dans cette ville. Un des enfants suit la voie religieuse et entre chez les Jésuites, l'autre Pierre Hévin II (†1645) se consacre au droit. Il est admis à l'Académie des Humoristes de Rome où il se lie d'amitié avec l'écrivain Jean Barclay (1582-1621). Devenu avocat à Paris, il est appelé à Rennes au début de l'année 1620. Il s'y installe, devient avocat au Parlement de Bretagne, se marie avec Julienne Billefer le 28 avril 1620 et fonde sa famille.

Portrait de Pierre Hévin III réalisé par le graveur Gilbert Filloeul.

Biographie

Pierre Hévin III naît le 30 novembre 1623 à Rennes[2]. Il est le fils du premier mariage de Pierre Hévin II avec Julienne Billefer, docteur en droit, avocat à Paris puis au Parlement de Bretagne, qui s'est installé à Rennes aux alentours de 1620[3].

Comme son père, Pierre Hévin III Il fait ses études de droit à Rennes et il est obligé de s'accrocher pour continuer, son père ne croyant pas du tout en lui, car il craint que l'embonpoint précoce de son fils soit un obstacle au développement de l'esprit.; il est brillant dans ses plaidoiries, faisant ainsi changer d'avis à son père. Il devient docteur en droit et avocat au Parlement de Bretagne à 19 ans en 1640 d'après Auguste-Marie Poullain-Duparc, charge qu'il exercera jusqu'à sa mort.

Hôtel du Molant, maître d'ouvrege Pierre Hévin

Pierre Hévin III est procureur-syndic de la ville et communauté de Rennes (l'équivalent de maire) du 11 mars 1671 au 1er janvier 1674. La fin de son mandat ne marque pas son retrait de la vie politique locale, puisqu'il continue d'assister à des assemblées du corps de ville ou de participer à certaines cérémonies publiques et religieuses jusqu'à sa mort en 1692[4].

Il va exercer à Paris, où il se fait connaître. Il découvre lors de l'un de ses déplacements, un texte rédigé par Geoffroy II Pantagenet, duc de Bretagne rétablissant le droit d'aînesse : l'aîné de chaque famille devait hériter de tout, pour éviter le morcellement des terres et pour qu'elles restent bretonnes. En 1665, de retour à Rennes, Pierre Hévin réalise un plan en fausse élévation de la Ville de Rennes..

Pierre Hévin III est le maître d'ouvrage de l'hôtel du Molant, situé au 34 place des Lices à Rennes. Cet hôtel particulier portera pas encore le nom d'hôtel du Molant, nom de son gendre, fut construit entre 1666 et 1671. Pierre Hévin y fait lui-même les serrures pour se distraire. Admirateur de Louis XIV, dans le hall d'entrée il fait mettre une plaque à sa gloire ainsi qu'un médaillon à son effigie. Il est édifié en même temps que les autres hôtels particuliers de la place des Lices : l'hôtel de Montbourcher (n°30), l'hôtel Racapé de La Feuillé (n°28) et l'hôtel de la Noue (n°26). Pierre Hévin III n' y a jamais habité. Il vécut toute sa vie dans le haut de l'ancienne rue aux Foulons (actuellement la rue Le Bastard), dans une maison située du côté pair et en retrait par rapport à la rue.

Pierre Hévin III est l'auteur de la cinquième représentation connue de la ville de Rennes : le « Plan de la Vieille ville ou Cité, Villeneuve, et Nouvelle ville, de Rennes » ou plus couramment appelé le « plan Hévin ». La date exacte de réalisation du plan Hévin est toujours inconnue. Plusieurs dates ont été évoquées : 1665[5] ou 1685.

Il meurt le 15 novembre 1692 dans la maison familiale de la rue aux Foulons, puis est inhumé le lendemain dans la chapelle de la Sainte Vierge de la paroisse Saint-Jean de Rennes, en présence d'une partie du clergé et des membres de la Communauté de la ville de Rennes[6].

Ouvrage de Pierre Hévin sur la coutume de Bretagne, édition de 1734


Pierre Hévin, le procureur-syndic

Le 11 mars 1671, Pierre Hévin III est nommé procureur-syndic de la ville et communauté de Rennes (l'équivalent de maire) à la place de Jean Laperche sieur de la Rousserie décédé le matin même[7]. Pierre Hévin III est procureur-syndic de Rennes pendant 3 ans, jusqu'au 1er janvier 1674 où il est remplacé par François Gentil sieur des Hayes[8].

Durant ses trois années à la tête de la municipalité rennaise, Pierre Hévin III est un procureur-syndic impliqué et engagé dans la lutte et la conservation des intérêts de la ville de Rennes. Par exemple, il ordonne l'inventaire des papiers, titres et droits détenus par la Communauté. Un inventaire dont il s'occupe personnellement. Pour lui, ces documents ont une valeur importante et doivent être impérativement conservés[9].

Mais ce qui marque véritablement le mandat de procureur-syndic de Pierre Hévin III ce sont les conflits avec les communautés religieuses installées à Rennes : les Calvairiennes de Cucé et les Augustins. En décembre 1671, il dénonce une « invasion conventuelle » : « la ville & les fauxbourgs de Rennes, qui ne sont que d’une très médiocre estendue, sont tous inondés de religieux et religieuses ». L'inondation dont parle Pierre Hévin III est une réaction à l'invasion conventuelle qui touche la ville au XVIIe siècle : dix-sept fondations s'implantent intra- et extra-muros. Cette critique frappe l'emprise foncière des communautés religieuses sur la ville et ses faubourgs mais « reflète aussi l'impuissance politique de la municipalité à juguler un mouvement qui, […], lui a presque toujours échappé depuis le début du siècle »[10].

De la fin de son mandat en 1674 jusqu'à sa mort en 1692, Pierre Hévin III reste activement engagé dans la vie politique rennaise et dans les affaires locales. Il assiste à des assemblées de la Communauté, participe à des cérémonies et marches religieuses et civiles ou enfin exerce la charge de député du quartier.

Il est le seul procureur-syndic à avoir une nom de rue à Rennes, située dans le sous-quartier Arsenal-Redon entre la rue de Redon au nord et la rue Alexandre Duval au sud. Dénommée par délibération du conseil municipal de Rennes du 25 juillet 1906, elle honore la mémoire du jurisconsulte. D'ailleurs, les panneaux indiquant la rue comportent une erreur Pierre Hévin III est né en 1623 et non en 1621.

Note et références

  1. Auguste-Marie Poullain-Duparc, Coutumes générales du païs et duché de Bretagne, Tome 1 - Guillaume Vatar - Trouver dans les bibliothèques de Rennes
  2. Archives municipales de Rennes, GGSTJE2, vue 98.
  3. Frédéric Saulnier, Pierre Hévin et sa famille à Rennes (1620-1775). Notice généalogique, Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine,‎ 1880, Tome XIV, p. 287 à 305.
  4. Arthur Mignon, La famille Hévin : haute bourgeoisie ou noblesse présidiale ? Analyse des pratiques et des comportements d'imitation sociale de la haute bourgeoisie rennaise des XVIIe et XVIIIe siècles par rapport à la noblesse d'épée et parlementaire - Université Rennes 2 - Trouver dans les bibliothèques de Rennes
  5. L'âge d'or de la Bretagne (1532-1675) - Ouest-France - Trouver dans les bibliothèques de Rennes
  6. Archives municipales de Rennes, GGSTJE7, vue 298.
  7. Archives municipales de Rennes, BB 557, vue 15.
  8. Archives municipales de Rennes, BB 560, vue 6.
  9. Archives municipales de Rennes, BB 558, vues 9-11. Séance du 21 janvier 1672.
  10. Philippe Hamon, Catherine Laurent, Le pouvoir municipal de la fin du Moyen Age à 1789 : [actes du colloque "L'exercice du pouvoir municipal de la fin du Moyen Age à 1789" tenu à Rennes en février 2010] - Presses Universitaires de Rennes - Trouver dans les bibliothèques de Rennes