Boulevard Villebois-Mareuil

De WikiRennes

Le boulevard Villebois-Mareuil est partagé entre trois quartiers de Rennes. Il commence au croisement de l'avenue Sergent Maginot, situé dans le Quartier 2 : Thabor – Saint-Hélier – Alphonse Guérin du numéro 1 à 29 et 2 à 50, ainsi que dans le Quartier 6 : Jeanne d'Arc – Longs-Champs – Beaulieu du numéro 31 à 55 bis. Il est ensuite traversé par la voie ferrée, puis rejoint la rue de Châteaugiron dans le Quartier 7 : Francisco Ferrer – Landry – Poterie.

La voie est créée en 1881 pour permettre l'accès au cimetière de l'Est. Ce nom est donné à la voie par délibération du conseil municipal de la Ville de Rennes le 9 juin 1900. Un prolongement fut acté par délibération du conseil municipal de la Ville de Rennes le 7 novembre 1904.

Villebois-Mareuil en tenue modèle boer
« Dénomination de rue.

Boulevard « Villebois-Mareuil ».

Par décret en date du 1er septembre courant a été approuvée la délibération par laquelle le Conseil municipal de Rennes a attribué la dénomination de « Villebois-Mareuil » au boulevard qui va du Gué-de-Baud au cimetière de l'Est. »

— L'Ouest-Eclair
Origine : Numéro publié le 12 septembre 1900 • Recueilli par Manu35 • 2017licence

Georges de Villebois-Mareuil[1]

(22 mars 1847, Nantes - 5 avril 1900, Boshoff, Afrique du Sud)

Le Comte de Villebois-Mareuil a une statue à Nantes, un collège à Montaigu, plus de 16 villes en France, portent son nom. Pourquoi une telle notoriété ? Elle est essentiellement due à l'antagonisme France - Angleterre, notre ennemi héréditaire d'alors.

Sorti de Saint-Cyr en 1867, Villebois-Mareuil a une belle carrière militaire. Promu au grade de colonel en 1896, il démissionne peu après, n'ayant pas obtenu l'affectation souhaitée.

De 1896 à fin 1899, il écrit des essais militaires et il devient l'un des fondateurs de l'Action Française Wikipedia-logo-v2.svg. Ébranlé par l'échec de Fachoda, il refuse l'avancée britannique en Afrique du sud.

Le 22 novembre 1899, il débarque en Afrique et joue un rôle important au côté des Boers. Le 5 avril 1900, peut être à cause d'une trahison, encerclé par les Britanniques, il succombe à Boshoff au nord de la colonie du Cap.

Café restaurant Bourhy-Lucas, boulevard Villebois-Mareuil, presque en face le cimetière de l'Est. Edit. A. Bécler. Coll. YRG
Les bâtiments sont toujours debout aujourd'hui, mais le café restaurant a disparu... (@Google, juin 2016)

Un problème de plaques...

« Sud Est et Nord-Est - Une légère erreur a été commise quant à la classification cantonale d'un quartier de Rennes.

Le boulevard Villebois-Mareuil, de création récente, est cette voie qui part du Gué-de-Baud pour aboutir au cimetière de l'Est. Le côté gauche du boulevard, jusqu'au pont jeté sur la rivière, appartient an canton Nord-Est, tandis que la partie opposée, jusqu'au cimetière, fait partie du canton Sud-Est.

Or, la plaque indicatrice, placée par les soins de la mairie, porte sur tout le parcours du boulevard la mention « canton Sud-Est ». »

— L'Ouest-Eclair
Origine : Numéro publié le 22 octobre 1902 • Recueilli par Manu35 • 2017licence

Récurrent !

« Une plaque erronée - Pourquoi la plaque indicatrice du boulevard de Villebois-Mareuil (côté du Gué-de-Baud), porte-t elle encore la mention « canton Sud-Est », alors qu'il y a déjà environ un an, nous avions fait remarquer que la dite plaque devait porter l'indication « canton Nord Est », le pont de Villebois-Mareuil jeté sur la Vilaine, au milieu du boulevard de ce nom, séparant les deux cantons Nord-Est et Sud-Est? »

— L'Ouest-Eclair
Origine : Numéro publié le 5 novembre 1903 • Recueilli par Manu35 • 2017licence

Le boulevard Marchand

Le boulevard Villebois-Mareuil aurait pu s'appeler "boulevard Marchand", du nom d'un général français ayant réalisé ses études sur le sol rennais :

« VIEUX SOUVENIRS

LE PASSAGE A RENNES DU GÉNÉRAL MARCHAND QUI FUT UN AMI DE M. LE HÉRISSÉ, DÉPUTÉ

Les dépêches qui nous ont annoncé la mort du général Marchand[2], le héros de Fachoda, nous ont encore rappelé qu'il fit ses études à Rennes nous avons, jadis, entendu dire qu'à cette époque, il y résida dans le quartier de la rue de Brest [...] nous nous rappelons avoir vu le général Marchand arriver à la gare de Viarmes en compagnie de M. Le Hérissé et de quelques amis. Ils se rendirent au Concours hippique qui se tenait sur le Champ de Mars la foule fit une brillante ovation au vaillant officier.

Mais le Conseil municipal décida de rendre un hommage plus éclatant à Marchand, qui n'était alors que commandant, donner son nom à l'une de nos voies urbaines. Une occasion se présenta : un nouveau boulevard avait été construit pour relier le boulevard de Strasbourg et la Chapelle-Boby au Cimetière de l'Est ; il figurait au cadastre sous le nom de Chemin vicinal ordinaire n° 40. Ses habitants adressèrent une pétition au Maire, M. Lajat, pour lui demander qu'il fût dénommé le 9 décembre 1898, M. Lajat adressa cette requête à la Commission des Travaux publics : « Je vous prie, Messieurs, écrivait-il, de vouloir bien examiner cette demande qui ne peut qu'être favorablement accueillie.

En effet, M. Henri Mainguené, conseiller, fut chargé du rapport ; c'était un brave ouvrier des Ateliers de la Gare, auteur de deux petits romans "Les Drames de la Vie ouvrière" et "Les Deux Jumeaux", qui sont conservés à la Bibliothèque municipale sous les numéros 76.515 et 76.516 ; le premier, si nos souvenirs sont fidèles, était préfacé par Jules Simon[3].

Voici le rapport qu'il présenta à la Session extraordinaire du Conseil municipal, le 30 décembre 1898 ; il fut lu par l'un de ses collègues, M. Davy ; on le trouve à la page 427 du Registre des Délibérations de cette année :

« Monsieur le Maire ayant saisi votre Commission des travaux publics d'une demande des propriétaires riverains du chemin vicinal n° 40, ayant pour but la dénomination de cette nouvelle voie, votre Commission a été unanime à l'appeler "Boulevard Marchand", en souvenir de l'héroïque officier qui commanda la mission qui, près une traversée périlleuse de l'Afrique, aboutit l'occupation de Fachoda.

« En agissant ainsi, votre Commission a pensé qu'il était bon, par ces temps de douloureuses épreuves patriotiques, de rappeler aux générations le nom des Français qui ont su forcer l'admiration même de leurs adversaires, par la façon dont ils ont su, en toutes circonstances, faire leur devoir et tenir d'une main haute et ferme, et cela aux dépens de leur vie, le drapeau sacré qui leur était confié.

« Voilà pourquoi, Messieurs, j'ai l'honneur de vous proposer, au nom de votre Commission des Travaux publics, de dénommer le chemin vicinal n° 40 « Boulevard Marchand ».

M. Havard aurait voulu ajouter le grade de cet officier et dénommer le boulevard "Boulevard du Commandant Marchand" ; M. le Maire Lajat fit remarquer l'inconvénient qui en résulterait « le jour où le commandant serait promu à un grade supérieur, il faudrait modifier la plaque pour éviter ces petits ennuis. M. le Maire pria l'assemblée d'accepter les conclusions du rapport, qui furent votées à l'unanimité.

[...]

La décision du Conseil municipal ne fut pas approuvée par le Gouvernement qui tarda à donner son avis ; il ne fut connu que le 7 avril 1899.

Au début de la séance de ce jour, après avoir communiqué une lettre du 2 mars de Mme Félix Faure et sa famille remerciant le Conseil municipal de la couronne de fleurs envoyée pour les obsèques du Président de la République au nom de la Ville de Rennes, M. le Maire Lajat donna lecture d'une lettre par laquelle M. le Président du Conseil, ministre de l'Intérieur et des Cultes (M. Charles Dupuy), faisait connaître qu'il regrettait de ne pouvoir donner suite à la proposition du Conseil municipal tendant à donner le nom de Marchand au chemin vicinal n° 40, son Administration ayant prit pour règle absolue de ne sanctionner que les hommages publics décernés des personnes décédées.

Marchand eut le bon esprit de tarder à mourir, le boulevard reçut le nom de Villebois-Mareuil mais maintenant qu'il est décédé, après avoir encore illustré davantage son nom, notre Conseil municipal ne pourrait-il pas reprendre la délibération du 30 décembre 1898, et rendre au général Marchand l'hommage que nos pères jugeaient qu'il méritait ? »

— Ernest Rivière
Origine : Rubrique "Vieux Souvenirs" de L'Ouest-Eclair, numéro publié le 16 janvier 1934 • Recueilli par Manu35 • 2017licence

Aujourd'hui, aucune voie de la capitale bretonne ne perpétue le souvenir de ce militaire.

Sur la carte

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Référence

  1. Transcription du document Quartier Alphonse Guérin, histoire du quartier, des noms de rues, des établissements scolaires et l'Histoire réalisé par Mr Besselas, habitant du quartier Alphonse Guérin.
  2. Jean-Baptiste Marchand est mort le 13 janvier 1934, trois jours avant cette publication dans le quotidien.
  3. rue Jules Simon