Allée Camille Godet

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Cette allée de Rennes donnant dans la rue de la Motte Brûlon, fut dénommée par délibération du conseil municipal de Rennes le 23 décembre 1970. Elle appartient au quartier 5 : Maurepas - Bellangerais. Elle rappelle :

Camille Godet

(5 juillet 1879, au 3 rue du Vau Saint-Germain à Rennes - 10 octobre 1966, Bain-de-Bretagne)

En 1893, à 14 ans, Camille, Joseph entre à l’École Régionale des Beaux-Arts, où il a entre autres comme professeur, Félix Lafond[1]. Dès la première année, il obtient un 2e prix de dessin, mention en "grand ornement". Il reste jusqu'en 1898 à Rennes où chaque année il remporte un prix.

En 1898, il est reçu à l’École Nationale et Spéciale des Beaux-Arts de Paris. Parmi ses condisciples se trouvent Jean-Julien Lemordant, peintre malouin qui sera l'auteur de la peinture du plafond de l'Opéra de Rennes, Pierre Lenoir, sculpteur, Albert Bourget, sculpteur et Charles Nitsch[2], futur professeur de dessin industriel à l’École régionale des Beaux-Arts.

En 1913, il devient professeur de dessin industriel (bâtiment), aux cours du soir à l’École des Beaux-Arts de Rennes, il le restera jusqu'en 1936.

En 1914, il s'engage et reste au front jusqu'à la fin du conflit. Ses connaissances et sa pratique du dessin le conduisent au service d’État-major où il effectue des levés et corrections de cartes et de plans. Durant cette période, il effectue des croquis de guerre qui lui serviront plus tard. Sur le front, il rencontre un autre peintre breton, Mathurin Méheut, avec qui il se lie d'amitié et qui est admire ses talents d'artistes.

De retour à Rennes après la guerre, il reprend l'enseignement à l’École des Beaux-Arts.

En 1918, le Conseil municipal de Rennes décide de créer un Panthéon rennais où figurera le tableau d'"honneur" des Rennais "morts pour la France" durant la guerre 1914-1918. Emmanuel Le Ray, architecte de la Ville, est chargé de concevoir l'aménagement et Camille Godet est chargé de concevoir la décoration peinte en frise. Le Ray et Godet ont un point commun, ils sont tous les deux des aquarellistes de talent. Il dessine les ouvriers sur les chantiers de la ville, dirigés par son ami, l’architecte Emmanuel Le Ray : piscine Saint-Georges, halles, Maison du peuple. Camille Godet se sert alors de ses croquis de guerre et réalise la frise sur une toile de 26 mètres de pourtour et haute de 1,60 m. Résultat très figuratif avec abondance de détails et de personnages. Le panthéon de l'Hôtel de Ville est inauguré le 2 juillet 1922. Pendant plusieurs années, il servit de salon d'attente pour les futurs mariés afin qu'ils se souviennent des sacrifices de la Grande Guerre. C'est le seul Panthéon de France, hormis le Panthéon national à Paris.

En 1919, les architectes Jean-Marie Laloy et Emmanuel Le Ray fondent une école de préapprentissage, dans le cadre de la section d'Ille-et-Vilaine du comité régional des arts appliqués. L'enseignement du dessin est confié à Camille Godet. En 1920, l’École ouvre dans des locaux prêtés par la Ville de Rennes au 40, rue Vasselot, elle dispense 18 mois de formation à des jeunes gens qui deviennent ensuite apprentis chez des entrepreneurs. De 1919 à 1949, Camille Godet est directeur de l’école des métiers du bâtiment de Rennes.

La Ville entreprend de construire une nouvelle salle à la Maison du peuple. Les plans sont confiés à l'architecte municipal, Emmanuel Le Ray et la décoration à Camille Godet. Pendant la construction de la salle, Godet vit au milieu des ouvriers pour y préparer des croquis. Le 18 Avril 1925, la salle est inaugurée et l'on peut voir des scènes vivantes des ouvriers. Parmi les personnages, Camille Godet y a représenté ses amis : l'instituteur Louis Postel[3], le père François Bizette, Directeur du Cercle Paul Bert[4], le plâtrier Ernest Chéreau[5], et le maire de Rennes Jean Janvier, entrepreneur dans le bâtiment. En 1960, cette Salle de la Cité est transformée en cinéma et les fresques sont alors cachées par des tentures. Ce n'est qu'en 1994, qu'on la redécouvre et qu'elle est mise en valeur.

En 1924, Camille Godet est nommé officier d'Académie et en 1931, officier d'Instruction Publique.

De 1936 à 1948, à l’École Régionale des Beaux-Arts, il enseigne le "Dessin d'Ornement et composition décorative". Parmi ses élèves l'on trouve de nombreux peintres décorateurs, mais aussi des sculpteurs comme Francis Pellerin et Eugène Aulnette[6]. Le 1er octobre 1948, il prend sa retraite.[7]

Sur la carte

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Note et références

  1. rue Lafond
  2. carrefour Georges Nitsch
  3. rue Louis Postel
  4. rue François Bizette
  5. rue Ernest Chéreau
  6. place Eugène Aulnette
  7. à partir de la notice rédigée par Joël DAVID, chargé d'odonymie à la Ville de Rennes, Rennes Métropole

Lien externe

"Camille Godet, dessins de guerre inconnus", article extrait du 30ème numéro de "Place Publique" (juillet-août 2014), signé Denise Delouche: http://www.placepublique-rennes.com/article/Camille-Godet-dessins-de-guerre-inconnus-1