Rue Saint-Hélier

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Le début de la rue Saint-Hélier
L'église Saint-Hélier
L'ancien couvent de la retraite
sur un extrait d'un plan cartographiant au XVIIIe siècle les baraques édifiées suite à l'incendie de 1720. NB : le nord et l'intra-muros sont en bas de l'image.

La rue Saint-Hélier est une voie de Rennes axée nord-ouest - sud-est, joignant l'avenue Janvier à la fourche rue de Châteaugiron et rue de Vern. Elle fut dénommée avant 1720 et prolongée par délibération du conseil municipal de Rennes du 24 juillet 1923 du Faubourg Saint-Hélier en rue Saint-Hélier, anciennement Faubourg de la Guerche. Jusqu'au début du 20e siècle, la rue constituait un de ces faubourgs linéaires populeux que l'on trouvait s'étirant le long des voies quittant le noyau urbain de Rennes, en tentacule vers la campagne.

C'est au 11e siècle, dans un faubourg de la ville de Rennes, qu'il est décidé d'ériger une église dédiée à Saint-Hélier, martyr dont le nom va être ensuite donné à l'ensemble de la rue.

Le parcours de Tout Rennes court suit une partie de la rue[1].

Histoire

La rue Saint-Hélier, vue en direction du centre, à l'embranchement du boulevard Laënnec
Le tramway a franchi l'ancien pont au dessus des voies ferrées. Au loin, le clocher de l'église Notre-Dame, à gauche la rue des Ateliers - (de Wikimedia Commons
La croix Saint-Hélier, à l'embranchement de la rue de Châteaugiron à gauche et de la rue de Vern à droite


Plus loin, s'étaient installées en 1831, à l'emplacement du n° 20, les faïenceries Vaumort qui fermèrent en 1878. Au n° 35 de la rue exista jusque dans les années soixante du 20e siècle l'hôtellerie du Signe de la Croix, citée dès 1679. On trouvait alors en abondance de parlantes enseignes, telles l'Imaige Notre-Dame, la Maison du puits, la Maison du Gros-Billot, la Croix-Verte, le Mouton-Blanc, le Petit Bel-Air, le Puits-Barbet, principalement hôtelleries et tavernes[2]. De l'autre côté, se trouve l'ancien couvent de la Retraite, fondé par les Dames Budes, construit à partir de 1758 : bâtiment avec toit à la Mansart, fronton triangulaire, hautes fenêtres en étage sur entresol et rez-de-chaussée. Entre 1792 et 1825, l'édifice fut transformé en filature puis en dépôt de mendicité et de prostituées. Entre 1855 et 1860, les bâtiments furent agrandis, et en 1865, une chapelle construite par le chanoine Brune. Une annexe vint encore l'agrandir à l'est autour de 1965. Cet ancien couvent abrite aujourd'hui une clinique de rééducation et une maison de retraite.

Au-delà du pont enjambant les voies ferrées, plus à l'est avant 1955, (l'accès au pont actuel se trouvant sur l'emprise de l'ancienne rue des Ateliers), subsistent, sur le côté droit, le château d'eau et le silo à malt de la brasserie fermée en 2005 ; créée en 1835, elle avait été successivement brasserie Le Boucher, puis Sanson, Brasserie rennaise, brasserie Graff en 1878, puis encore La Meuse et Kronenbourg. Un nouvel ensemble résidentiel y est en cours de construction.

Les bâtiments de l'église qui datent des 15e et 16e siècles étaient entourés autrefois d'un cimetière. Au début de la rue se trouvaient jusqu'à la seconde guerre mondiale et depuis 1868 les établissements de la Manutention et de la prison militaire (où séjourna Alfred Dreyfus en 1899 pendant son procès de Rennes). A cet emplacement on trouvait, en 1810, à l'angle de l'actuelle avenue Janvier, une maison centrale des femmes qui succédait à un dépôt de mendicité et à une maison de force, lesquels y avaient été précédés par un petit séminaire qui émigra en 1772 au couvent des Catherinettes et encore auparavant par un manoir de Bouzillé[3]. Au dépôt de mendicité on gardait, outre des mendiants invétérés, des enfants trouvés, des femmes de mauvaise vie, et l'on y trouvait un hôpital vénérien. Parmi les pensionnaires mangeant "le pain du roy", fils de famille ou petites gens que l'on veut amender, y séjourna sur lettre de cachet du roi, pendant trois ans à partir du 15 septembre 1786, un certain Jean Cottereau, faux-saunier qui aurait rossé à mort un garde de gabelle et qui fut mis ici à l'abri pour le faire échapper à la potence ou aux galères : il sera célèbre sous le nom de Jean Chouan Wikipedia-logo-v2.svg[4]. Le Théâtre National de Bretagne a donc eu, sur son emplacement, d'étranges prédécesseurs. De l'autre côté, en face de la Maison de la Culture, devenue depuis le T.N.B., exista jusque dans les années 80 une rangée de maisons basses, "baraques" construites pour reloger des habitants sinistrés lors de l'incendie de 1720.

Jusqu'en 1952, la rue était parcourue par un tramway allant de Port-Cahours (début de la rue de Lorient, près de la rue de la Carrière) au Cimetière de l'Est en passant par la place de la Mairie. La rue des Ateliers, ainsi dénommée en 1885, desservait au sud des voies ferrées, les ateliers du chemin de fer et était située en partie sur l'emprise de l'ancien tronçon du faubourg qui était surnommé Casserole, altération de Casse-reule (casse-roue) en raison de la pente et du mauvais état de la chaussée.

La rue Saint-Hélier, au 1er plan, l'angle de la rue Marie et Simone Alizon

La rue Saint-Hélier fut très endommagée par le bombardement du 8 mars 1943 et par les bombardements des 9 et 12 juin 1944, une grande partie des immeubles riverains ayant été détruite. Des immeubles furent construits à leurs emplacements mais en retrait par rapport à l'alignement initial que marque l'immeuble des n° 43, 45 et 47. A l'embranchement de la rue de Châteaugiron et de la rue de Vern se trouve jusqu'au début des années 2000, un calvaire érigé en 1832, à l'occasion d'une épidémie de choléra (* 1). Il marque la place de l'ancienne chapelle de l'Ecce-Homo, dans laquelle on transportait encore en 1767 les cercueils de la campagne avoisinante, en attente d'obsèques à l'église Saint-Hélier[5]. Le calvaire, démonté au début des années 2000, a été entièrement restauré par la direction des bâtiments communaux de la Ville de Rennes et remis en place en avril 2015.

Saint-Hélier

Saint-Hélier est un moine, qui, après avoir participé à l'évangélisation du Cotentin se rend à Jersey, dont les habitants avaient demandé de l'aide contre les attaques des pirates. Il installe son ermitage sur un piton rocheux. En 555, Jersey est attaquée par des pirates qui saccagent tout. Lorsqu'ils trouvent Saint-Hélier, ils le décapitent à la hache. Saint-Hélier prend alors sa tête dans ses bras et se dirige vers les pirates qui, effrayés, s'enfuient immédiatement. Jersey est sauvée. C'est pourquoi, la capitale de l'île de Jersey porte le nom de Saint-Hélier et les armoiries de la ville sont deux haches tranchant vers le haut pour rappeler le martyr du saint.


Voir aussi

Notes et références

  1. Ouest-France du 12-13 octobre 2013 : 14 000 sportifs attendus
  2. Encore la voie douloureuse, par L. B. L'Ouest-Eclair, 24 juillet 1944
  3. Le Vieux Rennes, par Paul Banéat. J. Larcher éd. - 1911
  4. Jean Chouan au dépôt de mendicité de Rennes, par F. Le Bour'His, Bulletin et mémoires de la Société archéologique du Département d'Ille-et-Vilaine. T. LXVII-1944
  5. Le Vieux Rennes, par Paul Banéat. J. Larcher éd. - 1911

Sur la carte

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